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Tour du monde russe et de la Caspienne : la mer qui baisse, les trains qui passent, pis les grandes puissances qui jasent

Une mer qui recule avec des bateaux échoués, un train de marchandises dans la steppe et des montagnes au loin — Caspienne et Asie centrale, RadioInternet.ca

Weille ! Hâle-toé ‘n chaise, on s’en va faire un tour ben loin icitte : RadioInternet point C-A ouvre une nouvelle rubrique, « Monde russe, Asie centrale et Caspienne ». Pourquoi ce coin-là du monde ? Parce que c’est là que les trains changent de route, que les mers baissent, pis que les grosses puissances se jasent en coulisses — pis ce qui se décide là-bas finit betôt par paraître icitte, dans le prix de l’essence pis dans nos assiettes. Disons-le franchement d’entrée : c’est un tour d’horizon de dossiers à surveiller, pas un bulletin d’événements du jour. Chaque fait cité a été vérifié le 17 octobre 2026 auprès de sources nommées, avec sa date. Asteûr, on décolle.

L’Iran vire au nord : la Caspienne devient sa porte de secours

  • Téhéran déplace ses échanges vers ses ports caspiens. Depuis avril 2026, un blocus naval américain pèse sur les ports du sud de l’Iran, du côté du détroit d’Ormuz. Résultat : la part des biens essentiels qui passent par les ports du nord, sur la mer Caspienne, est montée de 18 % à 30 %, et même le blé russe se reroute par là (Reuters, 17 septembre 2026 ; Al Jazeera, 27 septembre 2026). La limite, par exemple : le nord peut absorber environ 30 millions de tonnes de capacité, contre 300 pour le sud. Une porte de secours, oui — mais une petite porte.

Les grosses puissances se jasent

  • Lavrov et Wang Yi se rencontrent en Azerbaïdjan. Le 14 octobre 2026, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pis son homologue chinois, Wang Yi, se sont parlé en marge d’une réunion de la CICA — la Conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie — tenue en Azerbaïdjan. Au menu : leur coopération, l’Ukraine, l’Iran, pis leurs relations avec les États-Unis (Reuters, 14 octobre 2026). Quand Moscou pis Pékin se donnent rendez-vous au bord de la Caspienne, c’est pas pour la vue.
  • Marco Rubio s’en vient en Asie centrale, avec du monde. Le secrétaire d’État américain entame une tournée du 17 au 22 octobre 2026 : le 19 octobre, à Samarcande, en Ouzbékistan, il participera à la ministérielle C5+1 avec les cinq républiques d’Asie centrale, accompagné d’une délégation de plus de 200 chefs d’entreprise. La formule C5+1, c’est les cinq républiques de la région assises à la même table que Washington. Objectifs affichés : la connectivité économique pis la sécurité énergétique (Reuters, 14 octobre 2026 ; Times of Central Asia, 2 octobre 2026). Washington watch ce corridor-là de très près, lui aussi.

L’Azerbaïdjan, le nouveau pont entre l’Asie pis l’Europe

  • Le format devient « C6 ». Au sommet d’Avaza, au Turkménistan, le 8 octobre 2026, l’Azerbaïdjan a participé pour la première fois comme membre à part entière du format consultatif des pays d’Asie centrale — qui passe de cinq à « C6 ». Le groupe s’est donné un objectif de commerce interne de 20 milliards de dollars, et le 15 octobre, le Kazakhstan pis l’Azerbaïdjan ont signé un accord sur le Corridor médian (Times of Central Asia, 12 octobre 2026 ; AzerNews et Qazinform, 15 octobre 2026). Bakou se place, morceau par morceau, comme le pont entre les steppes pis l’Europe.

Les trains passent, le corridor contourne la Russie

  • Le Corridor médian pogne en force. Les routes qui traversent l’Asie centrale pis le Caucase — le fameux « Corridor médian », la route de transport internationale transcaspienne, le TITR pour les intimes — contournent entièrement la Russie. Le fret y a grimpé de 22 % de janvier à août 2026, pis le transit est-ouest de 55 % ; le temps de traversée est tombé de 53 jours en 2022 à 18-23 jours en 2026. Les goulots ? La capacité des traversiers caspiens pis la baisse du niveau de la mer — on y revient plus bas (Caucasus Business Journal, d’après les données Trend ; OSW, 23 avril 2026).
  • Le train Chine–Iran est devenu une habitude. La ligne Kazakhstan–Turkménistan–Iran est une artère régulière depuis 2025, renforcée par la fermeture d’Ormuz en 2026 : 43 trains de fret chinois en neuf mois, contre sept trains-blocs en sept ans auparavant — ça te donne l’idée du changement d’échelle. Le 7 octobre 2026, une commission intergouvernementale turkméno-iranienne travaillait encore à resserrer ce corridor-là (News Central Asia, 7 octobre 2026 ; Chemins de fer iraniens, début 2026).

Des espions dans les fils

  • « Silent Lynx », un groupe dans la mire des chercheurs. Un rapport conjoint de Cisco Talos pis Recorded Future attribue à un groupe surnommé « Silent Lynx », probablement basé au Kazakhstan, des intrusions visant notamment la raffinerie d’Orsk, en Russie, pis le gouvernement municipal de Nijni Novgorod. Gardons la réserve exacte des chercheurs : c’est une attribution de chercheurs, pas une responsabilité étatique démontrée (Reuters, 14 octobre 2026). Dans ce coin-là du monde, même le cyberespace est un échiquier.

Un fonds américain, des questions d’éthique

  • Le Trans-Caspian Enterprise Fund sous la loupe. Reuters rapporte que Konstantin Sokolov dirige ce fonds de 201 millions de dollars américains, soutenu par les États-Unis, tout en détenant des parts majeures dans Viva Armenia pis dans la deuxième mine de cuivre-molybdène d’Arménie. Six experts en éthique consultés par Reuters y voient un conflit d’intérêts. La nuance qui compte, pis qu’on te doit : Reuters ne relève aucun acte répréhensible, pis la loi n’interdit pas de tels intérêts (Reuters, 15 octobre 2026). Des questions, oui ; un scandale prouvé, non.

La mer qui baisse

  • 2,45 mètres de moins depuis 1996. C’est le chiffre exact à retenir : dans le secteur kazakh, la mer Caspienne est passée de −26,82 m en 1996 à −29,27 m en 2025 — une baisse de 2,45 mètres — avec un record bas de −29,42 m en juillet 2026. Des îles nouvelles émergent près de Kulaly. Les données viennent de l’Institut kazakh de recherche sur la mer Caspienne, rapportées début octobre 2026. Pour les ports, la navigation pis les écosystèmes, c’est pas un détail : c’est la géographie elle-même qui change.

Une signature qui traîne depuis 2018

  • L’Iran, dernier riverain à ne pas avoir ratifié. La convention d’Aktau, qui fixe le statut juridique de la Caspienne, date de 2018 — pis l’Iran est le seul des cinq pays riverains à ne pas l’avoir encore ratifiée. Le cabinet a approuvé le projet de loi en juillet 2026, pis le président Pezeshkian l’a transmis au Majlis le 1er août 2026, en procédure urgente. Mais le débat interne est réel : l’article 8 laisse la délimitation des fonds marins à des accords futurs, pis des critiques — dont Falahatpisheh — s’opposent à une ratification avant le règlement des différends avec l’Azerbaïdjan pis le Turkménistan (Press TV, 16 août 2026 ; Middle East Forum, août 2026 ; analyse Longreads).

Avant de se laisser

Ce tour d’horizon a été vérifié le 17 octobre 2026 auprès des sources nommées dans chaque section. Disons-le encore une fois, parce que c’est la règle de la maison : ce sont des dossiers de veille alimentés par des faits datés — certains du 13 au 16 octobre, d’autres de fond, plus anciens — pas un bulletin d’événements arrivés aujourd’hui. Si un dossier vire, on le met à jour. Pis pourquoi on te parle de ça un samedi matin, entre deux tounes ? Parce que le pétrole, le blé pis les conteneurs qui changent de route là-bas finissent toujours par changer les prix icitte — ça vaut la peine de watcher ça venir de loin.

Pis quand t’auras fini de lire, viens nous rejoindre en ondes : la radio joue, pis la planète continue de virer.

Pour continuer : Écouter la radio · Info News Monde

À r’wèyure, le monde — on se retrouve pour le prochain tour d’horizon.

— Lawrence Morel

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