Ce que ça fait pour toi
- Tu comprends enfin pourquoi ton autoradio européen capte le DAB+ à Londres mais reste muet à Montréal.
- Tu sais ce que le Canada a choisi à la place : le HD Radio, un système incompatible avec le DAB, encore marginal chez nous.
- Tu évites un mauvais achat : importer un récepteur DAB+ pour l'utiliser au Canada ne sert à rien.
- Tu vois pourquoi, pour une webradio québécoise, l'avenir numérique passe par le streaming, pas par les ondes hertziennes.
Comment ça marche
- Le DAB+, c'est quoi au juste ? Le DAB (Digital Audio Broadcasting) et sa version améliorée DAB+ sont le standard européen de radio numérique terrestre : au lieu d'une fréquence FM par station, un « multiplex » transporte une dizaine de stations en numérique, avec une qualité stable et des infos affichées à l'écran. Au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, c'est la norme ; la Norvège a même éteint la FM nationale en 2017 pour passer au tout-DAB+.
- Le Canada a essayé… puis a laissé tomber. Le Canada a mené des essais de DAB en bande L dans les grandes villes. Mais le succès de la radio par satellite et, surtout, l'absence de récepteurs DAB en bande L sur le marché ont plombé l'expérience : le projet d'extinction de l'analogique a été abandonné. Pendant que l'Europe construisait son parc de récepteurs, l'Amérique du Nord regardait ailleurs.
- Le choix canadien : le HD Radio. Comme son voisin américain, le Canada a plutôt adopté le HD Radio (technologie d'iBiquity) : un système qui transmet le signal numérique « en sandwich » autour du signal FM/AM existant, sur la même fréquence. Totalement incompatible avec le DAB. Le Canada autorise les diffusions HD Radio à titre expérimental depuis décembre 2012, au cas par cas — les premières stations ont été CFRM-FM à Little Current, CING-FM à Hamilton et CJSA-FM à Toronto, toutes en Ontario. Plus de dix ans plus tard, ça reste confidentiel : peu de stations, peu de récepteurs, peu d'auditeurs.
- Pourquoi ça n'a jamais décollé ici. Trois raisons simples : les auditeurs nord-américains n'ont jamais réclamé la radio numérique terrestre (la FM marche très bien, merci), l'industrie automobile a poussé le satellite puis le streaming intégré plutôt qu'un nouveau tuner, et sans récepteurs dans les voitures, aucune station n'investit — le serpent se mord la queue. Résultat : en 2026, la « radio numérique » au Canada, pour l'immense majorité des gens, ça s'appelle Spotify, Apple Music… ou ta webradio préférée en streaming.
- La leçon pour les webradios. Pendant que les diffuseurs traditionnels se demandaient quel standard hertzien adopter, internet a réglé la question : pas de licence du CRTC à négocier pour un flux web, pas d'émetteur à 200 000 $, une portée mondiale au lieu d'un rayon de 80 km. Le DAB+ manqué du Canada est la meilleure publicité pour la webradio : le numérique est arrivé, mais par le câble et la 5G, pas par les ondes.
Le mot de la fin
Le DAB+ au Canada, c'est l'histoire d'un rendez-vous manqué : essayé, abandonné, remplacé par un HD Radio que presque personne n'utilise. Pendant ce temps, des milliers de webradios ont pris le chemin que les grands réseaux n'ont pas vu venir — celui d'internet. Alors la prochaine fois que quelqu'un te demande si ta webradio « passe sur les ondes », tu pourras répondre avec le sourire : non, et c'est justement pour ça qu'on nous écoute partout.