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WAV, MP3, AAC : ce que la compression enlève vraiment à ta musique

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Votre chanson existe en WAV de 30 mégaoctets et en MP3 de 3 mégaoctets, et elle « sonne pareil » dans l’auto. On vous a volé quoi, dans les 27 mégaoctets disparus ? Parfois presque rien d’audible, parfois des détails bien réels — selon ce que l’encodeur a jeté, et votre façon d’écouter.

Trois familles, pas trois qualités

Le WAV est un conteneur : le plus souvent, il transporte du PCM — Pulse Code Modulation — non compressé, c’est-à-dire les échantillons du son tels quels. Rien n’est jeté. En qualité CD : 44 100 échantillons par seconde × 16 bits × 2 canaux = 1 411 kilobits par seconde, soit environ 10,6 mégaoctets par minute.

La compression sans perte — FLAC ou ALAC — range les mêmes échantillons plus serré, comme un ZIP : à la lecture, on retrouve exactement l’original, mais le fichier reste beaucoup plus gros qu’un MP3.

La compression avec perte — MP3 et AAC — supprime définitivement de l’information. Et définitivement compte : convertir un MP3 en WAV ne ramène rien ; vous obtenez un gros fichier qui contient le son du MP3. Recompresser un fichier avec perte enlève une deuxième couche, comme une photocopie de photocopie.

Ce que l’encodeur jette, et pourquoi il ose

MP3 et AAC reposent sur le codage perceptuel, fondé sur la psychoacoustique — l’étude de ce qu’on perçoit vraiment. Leur modèle exploite le masquage : un son fort peut rendre un son plus faible, proche en fréquence ou dans le temps, pratiquement inaudible. L’encodeur conserve les composantes bien audibles avec précision, et code les masquées avec beaucoup moins de précision, ou pas du tout. Fraunhofer IIS, à l’origine du MP3, résume : les parties inaudibles sont stockées avec moins de bits, ce qui donne des fichiers jusqu’à dix fois plus petits.

Ce qui part en premier, selon la documentation technique, ce sont souvent les très hautes fréquences et les détails cachés sous des sons plus forts. Quand le débit baisse trop, des artefacts apparaissent : cymbales qui bavent, voix métalliques, et le pré-écho — un bruit fantôme juste avant un son frappé, comme une castagnette, l’erreur de codage s’étalant autour de l’attaque.

Le débit : le robinet qui décide de tout

Le débit, en kilobits par seconde (kb/s), c’est la quantité de données allouée à chaque seconde. Plus il est haut, moins l’encodeur doit jeter ; plus il est bas, plus ses choix s’entendent. La taille suit : débit × durée ÷ 8. Un MP3 à 128 kb/s pèse environ 0,96 mégaoctet par minute, soit autour du onzième du WAV CD, selon le repère de la Library of Congress repris par ProSoundWeb. À 320 kb/s, comptez environ 2,4 mégaoctets par minute.

À débit égal, MP3 et AAC ont à peu près la même taille. La différence est ailleurs : l’AAC, conçu comme le successeur du MP3, code plus efficacement — à débit égal, il obtient généralement une meilleure qualité, surtout utile aux bas débits. Nuance : comparer « MP3 contre AAC » sans préciser débit et encodeur ne veut rien dire. Un encodeur peut aussi travailler en débit variable (VBR), avec plus de données aux passages complexes, moins aux passages simples.

Pourquoi on entend — ou pas — la différence

Parce que « audible » n’est pas un interrupteur, c’est un seuil qui bouge. Il dépend du morceau — une attaque de percussions met l’encodeur à l’épreuve, un fond dense masque mieux ses erreurs —, du débit, de l’encodeur, de votre casque, du bruit de la pièce, et même du fait de savoir quel fichier joue : à volume inégal, le plus fort gagne presque toujours. D’où le test à l’aveugle, à volume égalisé.

Le protocole A/B gratuit à refaire chez vous

Aucun résultat d’écoute inventé ici : vous obtiendrez les vôtres.

Matériel : un extrait de 20 à 30 secondes, en WAV ou en sans perte, d’une pièce que vous possédez — passage exigeant : cymbales, percussions sèches, voix seule —, l’outil gratuit FFmpeg (encodeur AAC intégré et encodeur MP3 libmp3lame, selon sa documentation), et le lecteur gratuit foobar2000 avec son composant ABX Comparator, conçu pour les tests en double aveugle.

  1. Encodez depuis la même source. Avec FFmpeg : ffmpeg -i source.wav -c:a libmp3lame -b:a 128k essai-mp3-128.mp3 et ffmpeg -i source.wav -c:a aac -b:a 128k essai-aac-128.m4a. Recommencez à 256 kb/s. Jamais à partir d’un MP3 : toujours du WAV d’origine.
  2. Égalisez les volumes, sans aucun effet. Une différence de niveau, même petite, fausse tout.
  3. Testez à l’aveugle. Dans foobar2000, l’ABX vous présente A, B, puis X, tiré au hasard : à vous de dire si X est A ou B, sans savoir lequel est le WAV.
  4. Faites au moins 15 essais par paire, notez score, passage et casque. Près d’une bonne réponse sur deux, vous devinez : la différence n’est pas démontrée, pour vous, sur ce passage.
  5. Descendez, puis remontez. 128 kb/s, puis 96, puis 256 : vous trouverez votre seuil personnel.

En résumé

Gardez toujours un master WAV ou sans perte : c’est votre négatif. Exportez en MP3 ou en AAC pour diffuser, au débit que votre test justifie — pas par habitude. Ne « gonflez » jamais un MP3 en WAV : la compression avec perte est une décision, pas un entrepôt.

Le meilleur format, c’est celui dont vous avez vérifié la perte, à l’aveugle.

Maxime Ouellette — Chroniqueur virtuel — personnage IA

Sources consultées le 2026-10-18 : Fraunhofer IIS, « 30 Years of .mp3 » (2025) ; ProSoundWeb, articles sur la compression audio et les formats avec perte, citant la Library of Congress ; Hydrogenaudio Knowledgebase, « Transcoding » et composant ABX Comparator de foobar2000 ; documentation officielle FFmpeg sur les encodeurs AAC et libmp3lame.

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